Ambiguïté mon amour, je te hais

1 novembre 2018

Ambiguïté : nom féminin :

Caractère de ce qui est ambigu.

  • Caractère de ce qui est susceptible de recevoir plusieurs interprétations 
  • Caractère de ce qui entre dans deux catégories.
  • Caractère de ce qui manque de netteté et inquiète 

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Déjà en lisant les définitions ça me rassure parce que c’est totalement comme ça que je le vis. L’ambiguïté, c’est flou, c’est « entre deux », ce n’est pas défini et c’est surtout très déstabilisant voir inquiétant.

Alors pourquoi parler d’ambiguïté aujourd’hui ? Parce que c’est l’histoire de ma vie ces derniers temps et encore plus à l’instant où je vous écris (encore une fois).

Je l’ai peut-être cherché en laissant aller mes sentiments à chaque fois. Je ne saurais pas dire si l’ambiguïté née à cause de ceux qui bloquent leurs sentiments ou à cause de ceux qui ne les contrôlent pas. Peut-être les deux finalement. Peut-être est-ce le résultat d’une incompatibilité de caractères ou peut-être est-ce le mal de cette nouvelle génération.

Vous qui n’êtes pas célibataire en 2018 (et bordel accrochez vous à l’autre parce que c’est une vraie merde de se sentir seule à notre époque – même si par moment la liberté c’est tellement bon), donc vous qui n’êtes pas célibataire en 2018, je vais essayer de vous faire un résumé : homme célibataire, femme célibataire, trentenaire voir quarantenaire, l’un des deux (ou les deux) vient de souffrir d’une ou des relations précédentes, vie trépidante, société individualiste, pas le temps. Pas le temps pour laisser faire la vie, on est pressé, on est une génération de zappeur, on veut tout et tout de suite : j’ai envie de sexe : je prends, j’ai envie de tendresse : je prends…  Alors on match sur Tinder, on crush sur Happn, on « je ne sais quoi d’autre » sur je ne sais quel autre site. On ne parle plus des heures, le physique compte tellement que vite, allons voir si elle/il nous mets l’eau à la bouche… Tout va trop vite donc on est forcément déçus, pour les rares fois où ce n’est pas le cas, on pousse un peu plus.

On découvre un peu plus, mais on baise quand même rapidement, parce qu’on à plus 15 ans, parce qu’on assume toutes nos envies, parce qu’on à pas le temps d’attendre… N’oubliez pas « on a qu’une vie ». Alors on passe de célibataire à quoi à cet instant-là ?

Célibataire: nom masculin :

  • Qui vit dans le célibat. Célibat : état légal d’une personne qui est en âge de vivre en couple ou d’être mariée, mais qui n’a pas de conjoint dans sa vie sentimentale et/ou sexuelle.

Si on réfléchit deux minutes, à partir du moment où l’on pratique conjointement du sexe ET une attirance intellectuelle certaine, ne sommes-nous pas en droit de se poser la question ? À partir de quel moment est-il légitime de se poser la question ? Quand on se réveille à côté de l’autre la première fois ? Quand on s’est vu quelques fois déjà et que l’on présente l’autre à une personne de son entourage ? Quand on se fait accoster par quelqu’un qui nous demande si on est célibataire ? Quand on emménage chez l’autre ?

Parce que moi les amis, si je suis célibataire, je suis donc libre. Alors si la seconde personne ne trouve pas utile/urgent/intéressant de se poser cette question simple qui est « avec elle, me considère-je comme célibataire ou non ? Suis-je dans un état légal où je suis en âge de vivre en couple et ai-je un « conjoint », un autre être humain, avec qui je partage une vie sexuelle et sentimentale (qui fait naître des sentiments). » Si elle ne se pose pas cette question, je suis en droit de rester libre. Si je suis libre, j’ai encore le droit de « consommer », de continuer à chercher l’autre. Cet autre qui me sortira de cet état de célibat non ?

Et bien écoutez… Bienvenue en 2018. Non, non… Vous n’êtes plus libre alors que vous aviez l’impression juste de l’être. Sois vous ne l’êtes plus par formulation explicite de l’autre « nous ne sommes pas en couple -donc célibataire-, tu vis ce que tu veux vivre -donc libre-, mais si tu rencontres quelqu’un d’autre, on arrête là -donc pas si célibataire que ça et pas si libre que ça- » , soit vous ne l’êtes plus par conscience; cette merveilleuse (#ironique) morale judéo-chrétienne dont nous sommes imprégnés depuis 2000 an qui nous pose un cas de conscience quand on a des sentiments pour l’autre, quand on sent qu’il y en a de l’autre côté.

Donc, non, vous n’êtes plus libre… Vous entrez dans le monde merveilleux de l’ambiguïté (#ironieencore). Ce monde où votre tête vous dira de ne pas la prendre, où votre cœur vous dira de rester, où vos amis vous diront de partir, où votre fierté doucement vous quittera, où votre ego vous laissera tomber, où votre estime de vous finira par vous lâcher. Je vis dans un mélange de YOLO et de raison. Je vis entre « kiffe l’instant » et fait attention. Je suis à moi-même une ambiguïté et je n’attire que de l’ambiguïté. Peut-être est-ce parce que je donne deux sentiments aux personnes face à moi « ne t’attaches pas, je ne suis pas fiable » et « aime-moi j’en suis capable » ? Peut-être est-ce parce que je ne peux trouver d’exaltation que dans ce qui est difficile et douloureux ? Peut-être est-ce parce que moi même j’aime me sentir en couple mais totalement libre ? Peut-être est-ce simplement parce que je n’ai rencontré que des personnes qui sont mon reflet.

Et pourtant NON. Non, messieurs, ça ne vient pas de moi … Parce que moi je cherche à savoir ne serait-ce qu’au premier « baisé » (#jeuxdemots) à savoir si on pourrait basculer dans l’une ou l’autre catégorie. Parce que beaucoup d’entre vous êtes flippés de prendre une décision, beaucoup d’entre vous ne veulent pas assumer un si lourd engagement. La fidélité et l’exclusivité sont devenues des engagements.

Savoir si l’on quitte l’état de célibat ne veux pas dire que vous allez vous retrouver au pied de l’hôtel avec un prêtre qui va vous demander si vous souhaitez vous unir jusqu’à ce que la mort vous sépare… Ça veut simplement dire, aujourd’hui dans ce monde de consumérisme, de rapidité, de zapping, je choisis simplement de te respecter et de prendre le temps de voir si ça peut fonctionner. Ça ne marchera sûrement pas, mais sur un malentendu qui sait ? Si dans une semaine ça ne colle pas, chacun reprends ces matchs et ces crushs et se remet à la recherche. Si ça colle toujours, je m’engage juste à arrêter de chercher mieux, quitte à risquer de perdre plus que mieux. Si ça ne fonctionne pas, on est adulte, on est respectueux, on se dit les choses et on arrête.

Arrêter : verbe du premier groupe :

  • Empêcher un être ou une chose d’aller plus avant, de continuer son mouvement 
  • Interrompre, faire cesser le fonctionnement d’un mécanisme
  • Interrompre, stopper un mouvement, un processus, une évolution

Ou alors on transforme ça en amitié câline, en sexfriend, en plan cul, en plan cul régulier -rayez la mention inutile- et là, on retombe forcément dans l’ambiguïté. Parce que « le cœur a ses raisons que la raison ignore » et que le plus humain des deux, celui qui n’agit pas comme un robot par peur, et qui ne bloque pas ses sentiments, celui-là, finira forcément par s’attacher plus qui ne faudrait. Et l’issue de l’ambiguïté c’est surement la souffrance.

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