Etre mère

Comment faire culpabiliser une maman qui travaille… Réponse à mon fils

6 septembre 2014

Le titre introduit bien le sujet… Réponse à mon fils :

Sur Facebook tourne en ce moment un texte qui me plait beaucoup et comme je suis enceinte et que je suis une grosse râleuse ben j’avais envie de publier une réponse !

Voici le texte en question :

On y voit d’abord une photo touchante à l’émotion débordante et sans mention de l’auteur de la photographie soit dit en passant… Donc rendons à César ce qui est à César, l’auteur de la photo : Andrés Nieto Porras –  https://www.flickr.com/photos/49703021@N00/7984692236 (Et oui madame l’éducatrice qui parle au nom de notre enfant, le droit à l’image existe, on ne peut pas se servir comme ça de toutes les photos de Google Images sans autorisation!)

Copier-coller d’un statut Facebook :

Comment faire culpabiliser une maman qui travaille... Réponse à mon fils

 » Papa, maman
Il y a 24 heures dans une journée, et j’en passe 10 à la garderie.
Il me reste donc 14 heures à passer avec vous.
Ah non! J’oubliais, j’en ai besoin d’au moins 10 pour dormir la nuit et récupérer des forces!
Il en reste donc 4…
Mais puisque pendant ces 4 heures (2h le matin, 2h le soir), nous sommes toujours pressés afin que vous ne soyez pas en retard, on peut dire alors qu’il me reste un peu moins de 4 heures par jour à passer avec vous. Mais! si j’en déduis en plus le temps où je dois me dépêcher à déjeuner, m’habiller, embarquer dans la voiture, faire la route entre la maison et la garderie, souper, aller à mes activités parascolaires, attendre votre retour de vos activités à vous (sport, hobbies), prendre mon bain pour finalement aller dormir et recommencer encore le lendemain…
Papa, maman? Combien de temps de qualité passons-nous ensemble par semaine?
J’aimerais ça aujourd’hui, que tu viennes me chercher plus tôt à la garderie. Que demain, tu prennes congé du travail pour passer une journée spéciale avec moi. Qu’à l’heure du coucher tu me racontes une histoire et qu’en fin de semaine on passe nos journées ensemble! Parce que tu sais, je l’aime beaucoup mon éducatrice, mais, contrairement à vous, elle, je la vois souvent…
Des fois, je suis tannant à la garderie, ou je pleure parce que je sens un vide dans mon coeur….vous me manquez.
Signé votre enfant

(Bravo à l’éducatrice qui a écrit ce texte, elle ne pouvais pas mieux mettre ma pensée sur papier.) » 

Voici ce que l’on peut donc lire un matin en se connectant sur Facebook… Après si on le partage c’est qu’il plait, je mets donc les pieds dans le plat (je sais que je vais me frotter à la critique mais entre nous j’aime ça… #maso )…

Ma réponse : 

« Mon cher enfant,


Maman et papa travaillent respectivement 35h et 42h pour un revenu qui leur permet de t’offrir une certaine qualité de vie. Papa en fait 42h mais étant donné qu’il commence quand tu dors, on va partir du postulat qu’il perd aussi 35h de ton temps éveillé.

Grace à ce travail papa et maman on pu t’acheter une maison, un petit patrimoine dont tu pourras jouir plus grand, qui te permettras soit de vivre sans payer de loyer, soit d’avoir un pécule financier important pour t’acheter un petit chez toi. On travaille aussi pour te mettre des sous de côté, au rythme où l’on va tu auras entre 15 000€ et 20 000€ à 18 ans ce qui te permettras d’acheter une voiture et de placer le reste sur un PEL. On travaille aussi pour que tu puisses faire du sport, pour te permettre d’accéder à la culture (musiques, visites, musées, …), voyager, ouvrir tes horizons,… On travaille pour t’acheter de bonnes choses à manger, de beaux habits, de belles chaussures, une jolie chambre avec de jolis meubles,…

Mon papa qui travaille lui a peu près 100 heures par semaine (et que pour le coup je n’ai pas vu souvent) m’a appris la valeur du travail, de l’argent gagné et non pas donné par l’Etat, de la volonté et du sacrifice. Grâce à lui j’ai de l’ambition et ça reste entre nous mais maman en 2015 sera à son compte…  Peut-être même que papa aussi ! J’espère te transmettre ces valeurs ! La semaine compte 168 heures, enlevons 63 heures de sommeil, il en reste 105. Moins 35h de boulot, il en reste 70h ! Pendant 70h on est ensemble ! On passe du temps à rien faire, à prendre des bains ensemble, à faire du vélo, à balader dans la colline, à aller au parc, à aller à la plage, à courrir derrière les pigeons, à aller voir les copains, à s’amuser dans le jardin, à faire les courses aussi, à regzrder ensemble tes dessins animés préférés,…

Quand je te récupère de chez la nounou/crèche/centre aéré/école, tu as appris tellement de nouvelles choses et tu as l’air tellement épanouie que je ne vois pas pourquoi tu écris ça ! Tu parles de qualité et je t’en parles aussi c’est bien des moments qualitatifs que nous passons ensemble et non quantitatifs… La quantité n’est pas la qualité ! Après je pourrais rester toute la journée avec toi mais on passerait à côté de tout ce que j’ai dit plus haut ! Bisous mon tendre amour ! Je t’aime, je suis une maman épanouie grâce à toi mais aussi grâce à mes choix de vie et j’ai assez confiance en mon rôle de maman pour ne pas me faire culpabiliser par une « nounou » (qui bosse elle aussi et laisse donc ces propres enfants pour s’occuper de ceux des autres … CQFD) qui parle en ton nom!

Les mamans épanouies ont des enfants épanouis !

Je ne juge en aucun cas les mamans qui s’occupent de leurs enfants à temps plein, je suis quelqu’un de respectueux et je ne jugerais jamais le choix de rester à la maison pour s’occuper de ses enfants! Je réponds juste à cette nounou qui se permet de juger le choix des mamans qui bossent et surtout en le faisant en parlant à la place de nos enfants et en essayant de nous faire culpabiliser!

Partager ce genre de statut, c’est juger le choix d’autrui! Je respecte toutes les mamans à condition que leurs choix soient choisis par des motivations saines !

A bon entendeur…

 

Comment faire culpabiliser une maman qui travaille... Réponse à mon fils Comment faire culpabiliser une maman qui travaille... Réponse à mon fils

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9 Commentaires

  • Répondre Melody 8 septembre 2014 at 12 h 26 min

    Je rejoins la pensée de Lucie et j’adhère à celle de Zozol, sans condamner ni juger aucune situation. J’ajouterai juste qu’également chaque enfant est différent et il faut apprendre à le connaître sans globaliser les situations. En l’occurrence dans ce cas précis, la réponse tient compte du point de vue de la maman plus que de celui de l’enfant. Je ne dis pas qu’elle a tort ou raison, juste qu’on ne sait pas la manière dont les choses peuvent parfois atteindre les enfants et c’est en cela qu’il faut être attentif et « présent » (même de loin). D’ailleurs dans une même fratrie, ce rythme de vie « conviendra parfaitement » à un enfant et pas à l’autre ou en tout cas aura des répercussions bien différentes.

    Ne cherchons pas toujours à défendre bec et ongle nos choix de vie. Ce sont nos choix, point final. D’ailleurs les justifier c’est déjà se rendre coupable… Concentrons-nous sur ce qui motive profondément nos choix et pourvu que ça soit l’amour, accompagné du sentiment de faire ces choix librement.

  • Répondre Zozol 8 septembre 2014 at 10 h 34 min

    Bon, déjà, je me dis que si vous assumiez votre situation, vous ne vous seriez pas sentie autant piquée par la lettre de cette éducatrice, vous en auriez ri et auriez simplement passé votre chemin car vous savez pourquoi vous avez fait ce choix de vie et l’assumez totalement. Sauf que c’est tout le contraire, vous réagissez, de plus, en mettant par-ci par-là des piques à son encontre, j’imagine donc qu’elle a tout de même touché à un point sensible parce que dans le fond, vous n’assumez pas vraiment votre choix, même si effectivement, les choses ne sont pas aussi simples qu’elle le pense.

    Avant tout, que des parents bossent tous les deux, pour moi, ce n’est pas un problème. Ce qui l’est, ce sont les raisons. Je ne demande pas du tout à ce que l’un ou l’autre soit « condamné » à rester à la maison pour s’occuper à plein temps des enfants (c’est parfois aliénant et effectivement, la quantité ne vaut pas la qualité). Mais force est de constater qu’en usant de mauvaises raisons, on se laisse happer dans un cercle vicieux. Exemple… « Je bosse beaucoup pour ramener de l’argent pour le confort de vie », et au final, on se trouvera à bosser toujours plus, parce que ce n’est jamais assez, on en veut toujours plus ; parce que les besoins grandissant avec l’enfant, il en faut toujours plus ; parce qu’il y a le patrimoine immobilier à payer ; parce que tiens, il faut ce truc dernier cri pour encore améliorer la qualité de vie ; parce que ci, parce que ça, etc.
    Il y a aussi des parents qui se laissent bien volontiers happer par le travail, mais pour fuir la maison et leur famille. Car la maison, c’est quand même autre chose que le travail : c’est à soi-même qu’on doit rendre des comptes. Et c’est autrement plus difficile que d’avoir un supérieur au-dessus de soi (au boulot). On est obligé de prendre ses entières responsabilités, de régler des factures, d’éduquer des enfants parfois difficiles à vivre, de gérer les corvées de la maison pas épanouissantes du tout, etc. Ces parents-là, je ne les juge pas car il est vrai que la vie à la maison, pas toujours facile ! Si ce n’est qu’ils doivent être honnêtes avec eux-mêmes et non pas se cacher derrière le prétexte du travail : « J’ai plein de boulot ». Non. Ils doivent assumer.

    Le truc, c’est aussi s’ils se rendent compte (autant les parents qui bossent pour toujours + d’argent que ceux qui bossent pour fuir) qu’ils mettent le doigt dans l’engrenage. Parce qu’au fil du temps, ce sera du : « oh, quand il sera un peu plus grand, je lèverai le pied ». Et à chaque fois, ils repousseront plus… Et se rendront compte un jour avec stupeur que leur enfant a quitté le nid. C’est classique.

    Dites-moi, qu’est-ce que la qualité de vie quand « papa et maman » passent leur temps à courir près de leur enfant sans en profiter pour ramener des sous à la maison ? Et qu’est-ce qui prime, le patrimoine immobilier ou la présence parentale ? Que valent de « beaux habits, de belles chaussures, une jolie chambre avec de jolis meubles » à côté des moments précieux passés avec ses parents ?
    Je trouve cet argumentaire terriblement matérialiste et superficiel. Du coup, cela donne l’impression que vous êtes complètement passée à côté de l’essentiel, mais quand on a eu un père qui s’est crevé au boulot 100h par semaine sans profiter de ses enfants, cela constitue un certain schéma, j’imagine.

    Ce qui me heurte aussi, ce sont les « valeurs » que vous prétendez transmettre à votre enfant. Parce que les seules valeurs que vous rapportez dans votre réponse concernent uniquement le monde du travail (et l’argent qui en découle). En gros, grossièrement résumé : « le travail, c’est important ; on n’est rien sans travail ; le sacrifice, c’est cool, voire valorisant, etc. ». Et le reste, alors ? Les valeurs humaines, par exemple, qu’en faites-vous ? Le respect d’autrui, de soi-même, l’empathie, etc. ? Ce n’est pas exactement dans le monde du travail (qui est le plus souvent la jungle) qu’on apprend ces valeurs humaines.
    J’imagine aussi que plus tard, votre enfant pourra certes « faire du sport, accéder à la culture, voyager, etc. », mais serez-vous à ses côtés à ces moments-là ? Ou courrez-vous encore et toujours pour ramener toujours plus d’argent pour qu’il puisse profiter de tout ça en votre absence ? Mais surtout : que veut l’enfant ? Personne ne lui a posé la question. Est-ce qu’il veut vraiment que vous vous « sacrifiez » pour lui permettre de faire du sport ou de voyager ? Peut-être pas…

    Pour terminer, s’il y a un truc que je veux transmettre à mes enfants, c’est ceci : le travail, ce n’est pas la vie. C’est juste un des aspects de la vie, mais pas sa globalité. On ne vit pas pour travailler, mais l’inverse : on travaille pour vivre !
    Et en plus de cela, on ne s’accomplit pas à travers le travail même si effectivement le travail peut donner l’illusion de son importance personnelle et de son utilité grâce à son poste. On s’accomplit par diverses expériences, en apprenant à se connaître, à s’accepter totalement.
    Et ça, ce sont des trucs que je veux transmettre à mes propres enfants…

  • Répondre Friendly 8 septembre 2014 at 8 h 50 min

    Merci…
    merci… j’ai les larmes aux yeux….
    encore la semaine dernière je me faisais « réprimandé » par des connaissances sur mon rythme de vie… parce que à toi mon fils je donne des mauvaises habitudes, je ne devrai pas faire comme nous faisons….
    alors oui je travaille a temps plein (pas par plaisir même si je ne pourrait pas ne pas travailler du tout), j’ai fais le choix de travailler sur 4,5 jours pour avoir une après midi en semaine avec toi, rien qu’avec toi…
    alors oui je te réveille le matin à 6h30 avant de partir pour une grosse journée… alors que tu ne part avec ton père pour la garderie qu’une heure plus tard… « on » me reproche de ne pas te laisser dormir plus longtemps  » tu devrai le lever à 7h15, l’habiller et un bib ca ne prend pas trop de temps…. »
    Oui mais ces 15 petites minutes le matin que nous passons ensemble avant que je ne m’absente pour 12h (j’ai 1h de trajet pour aller bosser) nous en avons besoins tout les 2…. tu les réclames ces 15 minutes…. j’en profite et cela me permet de tenir… parfois le nuit a été dure , on te laisse dormir, tu ne me voit pas… c’est dur pour toi tu me réclame tu es mal…. « tu lui donne de mauvais habitude… tu verra au bout d’un ou deux mois il sera habitué il ne te réclamera plus »… Et puis cela te permet de commencer la journée en douceur, pas de « dépêche toi nous sommes en retard… allez vite vite….  » ce sont des phrases que nous prononçons très rarement…

    nous avons quand même de la chance…. on essaye de passer du temps avec toi, pour le moment tu passe la journée du lundi avec ton père et tu mange avec lui tout les jours, je te consacre une demie journée dans la semaine et toutes mes soirées, les we, nos vacances….
    Nous ne sommes pas encore propriétaires (un jour peut être, on l’espère) nous ne pouvons pas mettre beaucoup de sous de coté (pour le moment) mais tu es habillé, tu as des jouets , nous te faisons découvrir des choses, nous partons un peu en vacances…
    J’essaie de profiter au maximum de toi, c’est dur pour moi aussi de te laisser tout les jours… c’est dur pour ton père… mais malheureusement aujourd’hui il faut de l’argent pour vivre et nous préférons le gagner plutôt que de compter sur les aides… car nous avons du travail d’autre n’ont pas cette chance…
    Nous avons aussi fait le choix de garder un travail qui nous plait (ce qui m’impose de travailler dans une autre ville) mais au moins tu ne nous vois pas partir tout les matins en trainants les pieds…

    et puis tu n’a pas l’air malheureux, le sourire ne se décroche jamais de ton joli visage… tout le monde nous dit que tu respire le bonheur, que a l’air bien dans ta peau…
    nous avons l’impression de faire de notre mieux… tu nous reprochera peut être nos absences plus tard (tu n’as que 2 ans…)
    bref…

    Désolée…. ma réponse s’est transformée en réponse a mon fils … et en gros pavé
    encore désolée

  • Répondre nathalie 7 septembre 2014 at 19 h 32 min

    Bien dit !!!! Ils ont mis ce texte a ma crèche j’ai presque envie d imprimer ton texte et de le coller à côté de l autre !!

  • Répondre Alexandra 7 septembre 2014 at 19 h 29 min

    Merci, j’aurai aimé lire ceci quand les reproches m’ont touché et peiné.
    C’est magnifique.

  • Répondre Bénédicte 7 septembre 2014 at 19 h 19 min

    Bien dit Lucie, toutes les mamans ne s’épanouissent pas au travail, c’est souvent une nécessité financière. Je ne juge ni les mamans qui travaillent ni celles qui élèvent leurs enfants en restant à la maison. Il est vrai que ce texte est franchement limite, et retrograde…. Ta réponse me convient à part celle de la constitution du futur patrimoine de tes enfants, personnellement ce n’est pas ma première préoccupation , je n’en n’ai pas eu au départ et c’est très bien comme ça.

  • Répondre lucie 6 septembre 2014 at 19 h 04 min

    Je travaille, je ne culpabilise pas, mais j’approuve ce bout de choux.
    Parce que c la realité. Quand on bosse, on a tendance a courir partout et a passer a coté de l’essentiel. Je le sais, je travaille, avec 2 louloutes de 2 ans d’écart.
    Parce qu’aujourd’hui on ne peut plus se permettre de ne pas travailler, a moins que l’un des 2 parents subvienne aux besoin de toute la famille, ce qui devient de + en + rare.
    Parce qu’au final les femmes ont toujours travaillé a leur niveau : tenir la maison, elever les enfants, faire le jardin, aider Monsieur bien souvent…
    Ca me culpabilise pas. Ca pointe seulement du doigt notre maniere de vivre un peu trop speed, et nous dit de prendre le temps pour profiter de nos enfants. Ce qu’on a tendance à oublier, prise par les tâches quotidiennes.
    Mes 2 parents ont travaillé, ont couru partout, nous ont offert une super maison, des vacances tous les ans, une montagne de jouets à Noel… Et quel souvenir j’en garde, de tout ca ? Que je m’amusais super bien chez la Nounou. Que mes parents ne jouaient pas avec moi. Ca me rendait triste, mais c’était comme ca : pas le temps ! A partir de 8 ans, je passais mes journées seule dans ma chambre, entourée de ma montagne de jouets. Chouette.
    L’argent, le travail, ca fait plein de choses. Mais ca ne remplace pas le temps passé ensemble 😉 Et surtout, comme le dit bien la pub : il y a des choses qui ne s’achètent pas. On peut être un enfant heureux avec des parents sans le sou. Et malheureux en étant riche comme crésus.

  • Répondre Hélène SIBOUNI 6 septembre 2014 at 13 h 33 min

    <3 Jaime <3

  • Répondre maia 6 septembre 2014 at 9 h 06 min

    Que ta réponse me fait plaisir ma belle

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