#Viedemaman

Rentrée loupée ! Le libre arbitre à l’heure du covid

2 septembre 2020

« Et toi ? Ça s’est bien passé la rentrée ? »

Cette phrase qui, en cette période, devient banale, apportera certainement cette année des réponses qui le sont un peu moins…

Je vais vous raconter la rentrée de mon fils, ou plutôt sa non-rentrée, mais avant ça il faut poser un peu les bases de ce que deviendra la discussion la plus aberrante que j’ai eue avec un membre du corps enseignant depuis le début de ma vie de maman.

Mercredi 26 août, alors que je suis toujours au travail, je reçois un sms de ma mère « Tu es au courant que le centre aéré ferme jusqu’à nouvel ordre cause covid ? » … Je suis aussi surprise de l’apprendre à cet instant qu’étonnée qu’avec le tapage médiatique de ce virus, une simple affichette sur une feuille A4 soit la première étape (et vous le verrez presque la seule) de cette information de risque de contamination.

Ma mère apprendra simplement en demandant à la direction du centre, qu’il y a eu un cas de covid avéré et qu’il faut faire tester les enfants à partir de samedi. Qui est contaminé ? Depuis quand ? Comment se faire tester ? Mon fils ? Mon fils et ma fille ? Moi ? Ma mère ? Une multitude de questions qui resteront sans réponses (ou presque). J’ai décidé de faire de suite un mail à la mairie de ma ville afin d’avoir une partie des réponses, du moins connaître le processus à suivre.

Le jeudi, je pose donc un jour de congé (et je sens que cette année il va y avoir plein de jours de congé gâchés) n’ayant personne pour pouvoir garder mes enfants.

J’appelle mon médecin à la première heure, sa secrétaire pour être précise, qui n’a pas plus d’infos sur la procédure à suivre. On me renvoie vers le laboratoire pour savoir si je peux avoir un test sanguin au lieu du coton-tige qui te gratte l’oeil par l’intérieur. On me renvoie vers mon médecin si je veux un arrêt… 

J’essaie d’appeler le laboratoire… Sans succès, ça sonne dans le vide continuellement. Je ne suis pas idiote, je sais qu’il y a du business en ce moment, je n’insiste pas et s’il le faut, je me déplacerai.

J’attends une réponse à mon mail de la veille, mais à midi toujours rien.

Troisième idée pour aller à la pêche aux infos: j’appelle la ligne Covid du gouvernement. Je tombe sur une plateforme qui, à l’accent de mon interlocutrice et son français compliqué, m’indique que c’est surement une plateforme délocalisée (ce serait le comble de l’ironie pour une ligne de l’état). On me pose deux/trois questions et d’un coup, c’est une lecture hachurée d’un script qu’on me livre : « il faut isoler la personne possiblement contaminée et la mettre en quatorzaine, il faut qu’elle porte un masque, il faut respecter les gestes barrières, blablabla » Wahou ! J’ai appris des choses là tiens… Un enfant de 9 ans, dans un T3 de 60 m2 sans chambre à lui… Mais bien sûr ! 

Toujours pas de retour à mon mail, toujours pas d’appel.

Dans l’après-midi, j’appelle l’ARS PACA, la ligne spécial Covid. Je tombe sur une dame très agréable, qui est très surprise que personne ne m’ait appelé. On m’annonce que c’est la CPAM qui doit m’appeler dans un cas comme cela (cas contact), mais vue l’explosion des cas dans mon secteur, celle-ci est sous l’eau.. Ils m’appelleront donc surement dans quelques jours! Doublement rassurant. On m’invite aux classiques gestes barrières en attendant.

J’arrive à avoir le laboratoire au téléphone. On me prévient que le test sanguin n’est pas préconisé.. J’imagine déjà les pleurs de mon fils angoissé par l’épreuve du coton-tige. On me dit de tester mon fils 4/5 jours après la fermeture du centre aéré, donc de les rappeler lundi ou mardi pour prendre un rendez-vous. Je demande si je dois également tester ma fille : « elle a quel âge ? » Je réponds 5 ans et demi et on me dit que c’est un peu trop tôt pour le test PCR. Encore une fois : rassurant … 

Nous sommes le jeudi en fin d’après-midi et toujours personne n’a pris contact avec moi ! Face à l’indifférence notable et au manque incroyable de procédure, je me dis qu’avec la rentrée qui arrive et le fait que chaque jour sera un jour de contamination possible, ça ne sert à rien de le tester si au moment des résultats, ceux-ci sont déjà obsolètes. 

Au final, je vois que j’ai reçu un mail générique de la mairie (mais toujours pas de réponse à mon mail) qui signale que les « parents des 22 enfants du groupe concerné sont actuellement contactés par téléphone par l’ARS » et que si « vous n’êtes pas contactés, c’est que votre enfant n’est pas concerné et qu’il n’est pas nécessaire de procéder à un test » . N’ayant eu aucun appel, aucun message vocal ni rien, je me dis qu’il n’y a pas lieu de m’inquiéter plus que ça. Bien entendu, nous resterons alertes sur les éventuels symptômes qui pourraient arriver. Je ne suis pas inconsciente et je n’ai pas du tout envie de vivre ce genre d’expériences !

Vendredi je reçois un mail de la ligue de l’enseignement, générique lui aussi (sans savoir de quel enfant il s’agit) m’informant de ce qu’il s’est passé et où l’on m’ « invite à faire tester mon enfant à partir du samedi 29 août » et d’un second le même jour, toujours générique, toujours de la ligue de l’enseignement, toujours sans savoir s’il s’agit de mon fils ou ma fille, qui,  ce coup-ci m’invite à la plus grande prudence en cas de symptômes et qui me dit ceci : « si vous le souhaitez, vous pouvez faire tester votre enfant à partir du samedi 29 août ».  Je ne suis pas professeur de français, ni académicienne, mais quand je lis « invitation » et « si vous le souhaitez » en aucun cas, je n’y vois une obligation de faire telle ou telle chose et surtout encore moins l’interdiction qui va suivre.

Toujours aucun appel ou courrier ou mail d’une autorité régionale ou nationale de santé jusqu’à ce que je reçoive un appel le lundi 31 août à 18h environ de la directrice du centre aéré qui vient aux nouvelles. Dès la première minute, j’apprends que sans test on refusera mon enfant à l’école. Je suis désolée mais j’ai ri ! A quel moment cela a-t-il été spécifié ? Quelle loi autorise ce genre de pratique ? Et à quel moment on se dit que de prévenir de ce genre de « détails » quelques heures avant la rentrée c’est une information qui passera sans qu’on en soit choqué ?! 

J’explique ma logique, concernant la propagation du virus pendant la rentrée et l’inutilité du test de mon point de vue dans ces conditions, mon étonnement de n’avoir été contactée par personne officiellement, mon interrogation quant à la légitimité de pouvoir refuser un enfant suite à deux mails (heureusement que je suis connectée) de la ligue de l’enseignement me proposant de faire ce que je voulais, sans jamais aucune obligation ! L’échange est cordial, la directrice comprend mon point de vue mais me fait part de ses obligations professionnelles, ce que je conçois tout à fait.

Le comble de cette situation kafkaïenne arrive après l’appel de la directrice de l’établissement scolaire de mon fils ce lundi 31 août à 18h43 précisément, veille de la rentrée scolaire je le rappelle. Feignant d’appeler sans aucun rapport avec ma conversation d’il y a quelques minutes en me demandant des nouvelles de mon fils (alors qu’elle a passé les derniers mois de l’année à lui demander son prénom tous les matins! ) Mon dieu que j’ai ri intérieurement… Sûrement pour éviter de m’emporter.

Celle-ci, avec tout l’aplomb d’une personne sûre d’elle, me soutiens qu’elle refusera mon fils à la rentrée vu que je n’ai pas fait de test… Calmement j’invoque un peu de lucidité et de bon sens en expliquant pourquoi le faire tester n’a aucune valeur, si ce n’est protocolaire et bureaucratique afin de se « protéger » derrière un bout de papier, qui peut être obsolète et/ou erroné et surtout 1 parmi les centaines d’enfants qui rentreront sans test, sans parler du corps enseignant ! Je demande qu’elle m’apporte la preuve d’un tel refus dans cette situation, lui rappelant que l’école est quant à elle, obligatoire.

Madame La Directrice me rétorque qu’elle le refusera, me coupant la parole … Je lui dis que sans l’article de loi (je parle bien de loi et pas de règlement intérieur) qui l’autorise à refuser mon fils dans ces conditions, il fera bel et bien sa rentrée. Elle rétorque directement qu’il sera alors « exclu des autres enfants » et « mis à part jusqu’à ce que je fournisse un test négatif » ! Après l’abus de pouvoir, voici qu’il y a ici un beau mélange de chantage affectif et de pression. Magnifique ! 

L’échange devient (forcément) houleux et alors que je lui demande de comprendre mon point de vue, elle reste campée sur ses positions, comme s’il fallait remplir la case « non covid » juste pour mon fils, alors qu’encore une fois, je n’ai été « qu’invitée » à faire ce test, qu’aucune autorité de santé ne m’a jamais appelé pour m’expliquer ce que je devais faire et qu’à aucun moment depuis jeudi il m’a été stipulé que sans ce test, il ne pourra pas y avoir de rentrée… Je passe de négationniste (avec le parcours cité plus haut, vous conviendrez que je refuse cet adjectif) à irrespectueuse (personne sensible autour d’elle – comme si moi je n’en avais pas autour de moi) à irresponsable (de ne pas donner de valeur à un test qui pourrait être inexacte le lendemain)… Bref! Pris en otage, bien sûr que nous avons fait tester mon fils, bien sûr qu’il n’a pas fait sa rentrée mais non pas pour répondre à l’inquiétude croissante d’une contamination de coronavirus , qui, s’il est déjà chez nous, aura déjà côtoyé ma famille, mon amoureux, ma mère, ma grand-mère etc.. soit les personnes les plus importantes de ma vie. Sans parler du fait qu’une socialisation en collectivité impliquera forcément des contaminations ! J’ai plié, surtout parce que je m’inquiète, avec des pratiques aussi peu honnêtes, de la bientraitance à l’école de mon enfant après toute cette histoire ! 

Je sais que ce texte parviendra aux yeux et/ou aux oreilles de toutes les personnes concernées et si elles en voient un procès, elles le peuvent ! Le procès d’une organisation mal organisée, d’une crise sanitaire mal gérée, d’un champ lexical mal choisi, d’une époque où on préfère rentrer dans des cases plutôt que de penser par soi-même, d’une Education Nationale malade qui souffre, de personnes qui croient avoir des passe-droits et qui intimident par le biais de leurs fonctions pour obtenir ce qu’elles veulent, d’un manque d’intelligence face à ce virus.

J’attends une réponse de la part de toutes les personnes concernées ou qui se sentent concernées par cette histoire, qui je l’espère n’est qu’un cas marginal, mais qui déjà plus de 24h après me met toujours autant en colère.

EDIT : Aujourd’hui, mercredi 2 septembre, au moment où ma fille a été déposée au centre aéré, on a refusé qu’elle y entre… Sans aucun préavis, aucune annonce, aucun droits réels… La réponse donnée : « en cas de cas contact on ne prend pas les fratries » … A l’école c’est pas un problème mais au centre oui ?! 

Alors encore une fois c’est ok corral ! Chacun décide ce qu’il veut avec aucun droit de le faire… Au dernier moment toujours, parce que si on peut mettre le parent « irresponsable et irrespectueux » dans l’embarras de ne pas pouvoir se retourner c’est encore mieux ! Pendant que les autres enfants NON TESTES y entrent sans problème ! On marche sur la tête … on arrêtera quand de faire ce dont on a envie à défaut d’appliquer des règles justes et logiques? A l’heure du covid le libre arbitre se créer chez certains et se perd pour d’autres ! 

EDIT 2 : Le test est négatif. Allez bisous !

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