Ma réponse face à l’insoutenable

16 juillet 2016

Le 14 juillet c’est une date particulière, d’autant plus pour moi, qui fête mon anniversaire ce jour-là.

J’ai eu 29 ans ce 14 juillet, je me suis amusée à répéter que c’était « bientôt la fin » toute la journée, rapport à la trentaine qui s’approche dangereusement…

J’ai été gâtée, j’ai rigolé, je me suis reposée, je me suis faite belle (du moins aussi belle que je peux l’être en ce moment) et je suis allée fêter cette journée en famille.

Egoïstement, je me disais que c’était vraiment nul de ne pas avoir de feux d’artifices comme j’en ai l’habitude à chaque 14 juillet…

J’ai couché mes enfants, je les ai embrassés comme chaque soir et je me suis couchée, dans un monde parfait.

Il est 9 heures, j’ai bien dormi. Mon fils et mon homme sont levés, moi je somnole.

« Il s’est passé un truc à Nice. Il y a plein de morts. 84. » me crie mon chéri pour que je l’entende du premier étage.

Voilà mon réveil. Retour à la réalité. J’avais oublié l’espace d’un instant que le monde n’était pas parfait.

C’est affreux, mais comme d’habitude, on allume la télé et on regarde les yeux dans le vide, la gorge nouée, les larmes aux yeux, les bribes d’informations qui arrivent mêlés aux « blablas » inutiles des journalistes qui cherchent à combler avec du vide.

C’est horrible de dire « comme d’habitude » mais j’ai l’impression que l’on devient rodé. Sans le vouloir.

Les hashtags défilent, les illustrations colorées de bleu, de blanc et surtout de rouge s’affichent partout. Les mots d’incompréhension, la colère, la peur… Autant d’émotions qui se mêlent en plus de l’empathie générale. Et si c’était moi. Et si c’était mes enfants. Et si…

J’ai reçu un message aujourd’hui d’une maman qui me demandait d’écrire sur ce sujet, pour se sentir moins seule, pour pouvoir s’exprimer à travers mon récit…

Alors, voilà ce que j’ai fait. J’ai regardé l’horreur. J’ai lu des articles, j’ai vu des vidéos insupportables. J’ai eu les larmes aux yeux. Puis j’ai regardé mes enfants. Mon plus grand a tout compris. Il a l’habitude du haut de ses bientôt 6 ans, des « éditions spéciales », de BFM, d’entendre parler de terrorisme, de Daesh et d’attentat.

Si petite on m’avait demandé, je n’aurais jamais cru que mes enfants seraient habitués à ça. Pour autant je ne cède pas à la peur panique.

J’ai tout éteint. J’ai pris ma voiture et ma fille et je suis allée dans un endroit calme et reposant. Une parenthèse que je m’offrais face à cette horreur insoutenable. J’ai pris le temps de regarder la nature, de voir ma fille s’émerveiller d’un papillon et j’ai écouté ces éclats de rire comme si c’était le seul son que j’entendais.

Il faut continuer à vivre et à faire la fête en l’honneur de ceux qui ne peuvent plus la faire et pour faire chier ceux qui veulent nous empêcher de la faire

Chacun fait ce qu’il veut mais pour ma part, je suis de la team #mêmepaspeur et je ne veux pas apprendre à mes enfants à avoir peur. Enfin pas cette peur là. C’est une peur invisible, on ne sait pas quand elle va arriver et où ! C’est comme avoir peur des monstres ou des fantômes… Et puis c’est pas en ayant peur que ça va changer quelque chose. A quoi ça servirait de vivre une vie de peurs, de restrictions et de craintes. Ce n’est pas une vie mais de la survie. Et moi je veux vivre.

Je continue à apprendre à mes enfants que la vie est belle. Que les personnes qui ne sont plus là à cause de « fous » aimaient la vie et que du coup on n’a pas le droit de ne pas l’aimer.

En attendant, comme nous/vous tous, je suis en colère, j’en veux à certains. Je me demande comment c’est possible pour un cerveau humain pourvu d’un raisonnement et d’une intelligence de faire ça. Comment c’est possible d’avoir laissé monter en puissance une secte qui prone des valeurs et des idées complètement archaïques. Comment peut-on faire un amalgame avec des gens qui ont une religion d’amour ? Mais comment peut-il y avoir autant de haine ? Même si finalement ils ont juste quelques siècles de retards. Le jihad ressemble beaucoup aux croisades. Sauf que les épées et les canons ont étaient remplacés par les kalash et les bombes.  Cela n’excuse rien, c’est juste le propre de certains Hommes, de vouloir imposer leurs pensées, aussi folles soit-elles.

J’espère juste qu’un jour on pourra arrêter de lire le mot « terrorisme » ou « attentat » tout les quatre matins. Que ce soit ici ou ailleurs. Même si en toute honnêteté, je ne pense pas que je pourrais en être témoin. En attendant, je vais juste continuer à vivre, à rêver,à aimer la vie de toutes mes forces et à apprendre à mes enfants la tolérance et la paix. C’est la seule vraie réponse à leur donner.

Myrtille.

Maman qui n’a pas peur. Croyante et pratiquante du bonheur quotidien. Républicaine. Fière de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. 

Ma réponse face à l'insoutenable

 

A lire aussi : comment expliquer les attentats à ses enfants

Ma réponse face à l'insoutenable Ma réponse face à l'insoutenable

You Might Also Like

2 Commentaires

  • Répondre Lucile de Guinzan 24 juillet 2016 at 0 h 31 min

    Un joli article au milieu de ce chaos… j’aime beaucoup ton idée d’être croyante et praticante du bonheur quotidien ☺

  • Répondre caille 16 juillet 2016 at 22 h 04 min

    Bonjour Oui tellement triste tout cela j’espère que ces drames aussi horrible soit ils cesseront

  • Laisser un commentaire